Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 16:17

Tor Jonsson


        
Le néo-norvégien est non seulement, selon Régis Boyer, « d’une rare musicalité » mais se prête « admirablement à la suggestion de sentiments ou de secrets de l’inconscient qui jamais, pour un bon Norvégien, ne parviendront à se dire ».

         Tor Jonsson a choisi de s’exprimer dans une langue qui traduit la distance intérieure mais qui est aussi peuplée de forces magiques et de complicités avec le petit peuple. C’est une langue de poète pour les poètes, autrement dit, pour les esprits vivants. Si amour et mort s’unissent intimement dans la poésie de Tor Jonsson, c’est parce que la limite n’est pas nette entre rêve et réalité.



 

 

 

         Pour me consoler de la mort, j’ai le rêve de Tor Jonson, édition bilingue, publié aux Editions Rafael de Surtis, traduit du néo-norvégien par Pierre Grouix et préfacé par Régis Boyer est un petit recueil anthologique surprenant par le double sentiment de distance froide et de chaude intimité, de déception et de réalisation intérieure.

 

         « Mon cœur possède une autre patrie

         que celle que tu cultives de ta main dure.

         Mon cœur possède une autre terre

         que celle où poussent tes champs et ta solitude.

         Ton pays a un temple où, fatigué, on peut prier

         mais nul salut, nulle paix du cœur.

         Ton pays offre le repos à ton pied, à ta main

mais aucune liberté à un homme sans paix.

 

Je m’arrête parfois près d’une porte et je prie

mais tu m’offres tes sarcasmes quand je demande la paix.

sur le sable gris de tous les chemins :

là est ma liberté et ma patrie.

 

Je rencontre beaucoup de monde, de bonnes gens

mais l’âme sans lieu n’a aucun ami.

Qui pense à un être sans lieu

quand le feuillage meurt et tombe de la branche du bouleau ?

 

Mais quelqu’un veut du bien au voyageur solitaire :

un arbre lui donne un abri et le chant de l’oiseau une âme.

Un autre monde brille dans le cœur,

dans l’éclat de ce que j’ai jadis chéri. »

 


        
ISBN 2-84672-053-3 (Rafael de Surtis) et ISBN 2-915228-76-0. Prix 15 Euros

Par La Lettre du Crocodile - Publié dans : Norvège
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