Partager l'article ! Olav H. Hauge: Olav H. Hauge Régis Boyer nous dit ceci du "secret" d ...
Régis Boyer nous dit ceci du "secret" d'Olav H. Hauge, ce très grand poète, trop discret et qui ne fut connu dans son pays que grâce à un autre norvégien, Jan Erik Vold, né près de trente années après lui : « Cet être à part qui n’a jamais voulu être rien d’autre que lui-même, sans savoir au juste ce qu’il entendait par là, ne dit rien : il psalmodie tout doucement, sans brutalité, un peu à la façon de ses grands et lointains ancêtres, les scaldes, qui savaient si bien organiser leur discours en plans interférents de sorte que les auditeurs soient en mesure de reconstituer le chant et le déchant, comme on aurait dit à leur époque (Moyen Âge) – ou à la manière de ces folkeviser ou ballades, également médiévales qui associaient un meneur et un choeur en alternance, le « récit » étant le fait du choeur dansant et le sens profond, celui du meneur. Oui, c’est cela, la voix d’Olav H. Hauge est double. Lisez bien : il écrit sur palimpseste et si vous parvenez à oblitérer le discours apparent, vous découvrirez une voix amie, intime, réellement « poétique » car elle crée. Ou recrée. »
« Aujourd’hui et demain
Je ne suis qu’une étincelle
du grand feu. Et de même que je fus
allumé dans les ténèbres
je m’éteindrai un soir.
Je suis le murmure de la vague
à cet instant, tandis que
d’autres naissent, s’emplissent,
et que leurs aînées dorment.
Je suis la feuille
qui tremble dans ce printemps.
Une autre année,
tu vacilleras dans la tempête.
Je suis celui qui veille, celui
qui possède, l’oeil qui voit,
la goutte où se mire à présent
l’état du ciel.
Je vis, je brûle,
je ne sais pourquoi –
Empli de fleurs, de femmes,
le monde m’appartient aujourd’hui.
Tu possèderas toute la beauté
sur cette terre quand je l’aurai quittée
depuis longtemps et que les traces
de mes pas auront disparu. »
ISBN 978-2-84672-110-3. Prix 14 Euros