Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 18:03

Gunvor Hofmo

 

         Tout de la nuit est sans nom de Gunvor Hofmo, préface de Ole Karlsen, édition bilingue, traduction du norvégien de Pierre Grouix et Grete Kleppen, collection Pour une rivière de vitrail, Editions Rafael de Surtis.

 

 

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         Gunvor Hofmo, outre le talent, outre un accès démesuré à l’être, a tout pour être reconnue comme une figure majeure de la poésie, pas seulement de la poésie nordique..

         De 1946 à 1955, elle publie cinq recueils de poésie, avant de devenir muette. Elle reste seize années internée dans un hôpital psychiatrique, diagnostiquée « shizophrène paranoïde ». Toutefois, en 1971, elle sort de son mutisme en publiant, toujours internée, Invité sur la terre. Elle quitte alors l’hôpital pour vivre, très isolée, sur la colline d’Ekeberg. Quinze recueils de poésie vont naître sur cette colline. On note dans l’évolution de son écriture une tension minimaliste qui s’affirmera progressivement.

         A travers des styles différents, Gunvor Hofmo n’a cessé de laisser une même empreinte, de témoigner d’une même mélancolie, bien au-delà de la tragédie de sa propre vie. C’est pourquoi, peut-être, ses poèmes nous bouleversent tant. Ils ne sont pas personnels ni particuliers. Ils sont impersonnels et trans-humains. Elle laisse une trace de notre nostalgie la plus profonde, non comme personne, mais comme individu et peut-être même comme espèce qui doute de son appartenance, de toute appartenance.

 

Perséphone

 

Dans l’ombre d’un arbre

les pensées fraîchissent

Ma fille, tu es mon ombre

dans cette vie

le feu des Dieux

est les grands soleils

qui si souvent calcinent

tout

les langues de feu de Zeus

ont aussi calciné ta

jeune vie

Te donner à Hadès

avec ta jeunesse qui

volait comme un papillon

sur les champs clairs

jusqu’à ce que Hadès

t’attire vers l’obscurité d’en bas

et esseule une mère

Tes yeux je les cherchais

dans bien des villes

je cherchais ton rire

dans bien des pays.

 

La bouche du soir

 

La bouche du soir se referme

mais son murmure résonne

dans les arbres, les rochers

Elle chuchote l’éternel

et la nuit qui vient

où les éclairs, les uns après les autres,

te montrent les images du Monde !

 

ISBN 978-2-84672-187-4 Prix 14 Euros

 

 

Par La Lettre du Crocodile - Publié dans : Norvège
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