Norvège

Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 11:01

 

Inger Hagerup

L’amour mourra aussi de Inger Hagerup, édition bilingue, traduction du norvégien par Eva Sauvegrain et Pierre Grouix, collection pour une Rivière de Vitrail, Editions Rafael de Surtis.

 

Inger Hagerup001


         Inger Hagerup (1905 – 1985) est une poétesse norvégienne du XXème siècle. Depuis le recueil Je me suis perdue dans les bois (1939), sa poésie développe une recherche marquée par les thèmes de l’amour, du refus, de la lutte. Par la variété de son inspiration, elle est à l’image de son siècle dans son pays.

 

         Deux langues

 

         Mon cœur a deux langues.

         Mon esprit a deux volontés.

         Je t’aime sans cesse

         et ne serai jamais tienne.

 

         Loin dans l’obscurité rouge

         la vie a pris forme double.

         Ici roucoule un pigeon.

         Là siffle un serpent.

 

         Mon cœur a deux langues.

         Entends-le quand même.

         Reste avec moi, quitte moi,

         Libère-moi de moi-même.

 


         Je suis le poème

 

         Je suis le poème que personne n’a écrit.

         Je suis la lettre qu’on brûle sans cesse.


         Je suis le sentier jamais emprunté,

         la note sans mélodie.

 

         Je suis la prière de la lèvre muette.

         Je suis le fils d’une femme non née,

 

         Une corde qu’aucu e main n’a encore tendue,

         un brasier jamais encore allumé.

 

         Réveille-moi ! Délivre-moi ! Soulève-moi

         Des terres, des monts, de l’esprit et du corps !

 

         Mais rien ne répond à mes prières.

         Je suis les choses qui n’arrivent jamais.

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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 10:52

 

Marie Takvam

La rivière est un rai d’argent de Marie Takvam, édition bilingue, traduction du néo-norvégien par Eva Sauvegrain et Pierre Grouix, collection pour une Rivière de Vitrail, Editions Rafael de Surtis.

 

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         Poétesse norvégienne s’exprimant en néo-norvégien, Marie Takvam (1926 – 2008) est une poétesse de l’amour. Dans ses poèmes l’homme et la femme sont l’un en face de l’autre. Le sentiment règne. Le monde féminin est dit comme rarement.

        

         Pour moi tu es celui que tu es pour moi

 

         Ne bouge pas.

         laisse-moi m’emparer de tes traits, de ta bouche

avant que tu partes.

Laisse-moi bien te regarder, tel que tu es juste maintenant,

tel que tu te tiens encore.

Puis tu iras là où tu seras un autre

à la même seconde.

 

Dans une rue

entre mille rues

je puis peut-être rencontrer

un autre, celui que tu étais cette nuit. –

 

Mais celui que tu seras désormais

recevra tout mon poison dans sa coupe

Celui que tu seras désormais

Ne franchira jamais le seuil de ma maison.

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Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 18:03

Gunvor Hofmo

 

         Tout de la nuit est sans nom de Gunvor Hofmo, préface de Ole Karlsen, édition bilingue, traduction du norvégien de Pierre Grouix et Grete Kleppen, collection Pour une rivière de vitrail, Editions Rafael de Surtis.

 

 

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         Gunvor Hofmo, outre le talent, outre un accès démesuré à l’être, a tout pour être reconnue comme une figure majeure de la poésie, pas seulement de la poésie nordique..

         De 1946 à 1955, elle publie cinq recueils de poésie, avant de devenir muette. Elle reste seize années internée dans un hôpital psychiatrique, diagnostiquée « shizophrène paranoïde ». Toutefois, en 1971, elle sort de son mutisme en publiant, toujours internée, Invité sur la terre. Elle quitte alors l’hôpital pour vivre, très isolée, sur la colline d’Ekeberg. Quinze recueils de poésie vont naître sur cette colline. On note dans l’évolution de son écriture une tension minimaliste qui s’affirmera progressivement.

         A travers des styles différents, Gunvor Hofmo n’a cessé de laisser une même empreinte, de témoigner d’une même mélancolie, bien au-delà de la tragédie de sa propre vie. C’est pourquoi, peut-être, ses poèmes nous bouleversent tant. Ils ne sont pas personnels ni particuliers. Ils sont impersonnels et trans-humains. Elle laisse une trace de notre nostalgie la plus profonde, non comme personne, mais comme individu et peut-être même comme espèce qui doute de son appartenance, de toute appartenance.

 

Perséphone

 

Dans l’ombre d’un arbre

les pensées fraîchissent

Ma fille, tu es mon ombre

dans cette vie

le feu des Dieux

est les grands soleils

qui si souvent calcinent

tout

les langues de feu de Zeus

ont aussi calciné ta

jeune vie

Te donner à Hadès

avec ta jeunesse qui

volait comme un papillon

sur les champs clairs

jusqu’à ce que Hadès

t’attire vers l’obscurité d’en bas

et esseule une mère

Tes yeux je les cherchais

dans bien des villes

je cherchais ton rire

dans bien des pays.

 

La bouche du soir

 

La bouche du soir se referme

mais son murmure résonne

dans les arbres, les rochers

Elle chuchote l’éternel

et la nuit qui vient

où les éclairs, les uns après les autres,

te montrent les images du Monde !

 

ISBN 978-2-84672-187-4 Prix 14 Euros

 

 

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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 20:18

Knut Hamsun

 

Le Choeur sauvage. Vildt Kor, Poèmes, édition de 1927 de Knut Hamsun, édition bilingue. Préface de Régis Boyer. Traduction du norvégien Eva Sauvegrain – Pierre Gouix, Co-édition Rafael de Surtis, Editinter, Hamsun Selskapet.

         Knut Hamsun (1859 - 1952) est connu pour ses nombreux romans dont Les Fruits de la terre qui lui valurent le Prix Nobel de littérature en 1920, il est moins connu et même inconnu pour ses poèmes. Le Choeur sauvage est son unique recueil de poèmes, il est publié pour la première fois en français à l'occasion du cent cinquantenaire de la naissance de l'auteur. Auteur prolifique, riche et affranchi, Knut Hamsun a exploré la poésie sans se donner de règles comme le souligne Pierre Grouix :

         « Il n'y a pas, en tout cas, de forme fixe poétique hamsunienne. Du texte très bref, minimal presque, de deux, trois strophes, à la séquence lyrique de plusieurs pages ou au gran dpoème subdivisé en petits (Poèmes de la fièvre, scindé en dix ensembles, ou encore Les propos de Svend Herlufsen), Hamsun s'estime souverainement libre d'arpenter la distance qu'il veut. L'unité de ces textes n'est donc pas formelle.

         L'auteur n'a de compte à rendre qu'à son génie, à son libre désir. Là comme ailleurs, et comme il s'en explique dans Sur les sentiers où l'herbe repousse (1949), son originalité foncière le guide. »

         Knut Hamsun ne s'est jamais considéré comme poète, doutant même de la qualité de ceux-ci, ce qui, d'ailleurs, est peut-être une caractéristique du poète, même si Rimbaud... Sa poésie est venue s'ajouter à ses autres créations sans nécessité. Hamsun est « viscéralement romancier ». Cependant, les grands thèmes hamsuniens se retrouvent dans sa poésie. Pierre Grouix encore :

         «  Dans cet univers où c'est la nature qui parle, susurre, murmure, c'est aussi la voix de l'auteur qui se fait entendre, musique et mélodies ensemble.

         Liberté, goût du rêve, de la marche, de l'errance, amour de l'amour et du monde naturel : les qualités qui font la fraîcheur, la grâce nonpareille du héros hamsunien sont là, in vivo, in nucleo. Les grandes orientations aussi.

         Qui ne le voit ? Les grands thèmes hamsuniens sont présents, à commencer par l'amour éclatant qui lie homme et femme dans un cadre toujours naturel, tel que le court et dense roman Victoria l'a, en 1898, décliné de manière singulière, flamboyante, lyrique.

         L'amour et les roses, ou encore le monde de la nature norvégienne, sous une lumière qui n'appartient qu'à elle, sont dits ici sans fard. »

 

         Cantique des cantiques

 

         Ô, ne me regarde pas, mon roi,

         quand tu sors de la salle.

         Le soleil m'a noircie à me brûler.

         Je suis pourtant une rose de Saron,

         Je suis pourtant un lis dans la vallée

 

         Toi, je t'ai appelé, mon roi,

         Les gardes m'ont entendue languir.

         Les filles de Jérusalem m'ont aidée.

         Nous t'avons découvert dans le jardin

         des noisetiers, je n'ai pas lâché ta cape de roi.

 

         Regardez-le, ô filles de Jérusalem,

         il est tel une biche sur les hauteurs,

         il est tel un chevreuil sur la montagne.

         Ainsi que courent le cerf et le chevreuil,

         Il a volé vers moi.

 

         Voici le temps des cantiques

         et des jours d'hiver écoulés. Vois,

         on a vu des fleurs dans le pays,

         entendu des voix de colombes,

         trouvé des vignes en fleurs.

 

         [...]

 

         Oh, embrasse-moi, ta bouche

         est pur délice, on dirait un lys rouge.

         Je me sens ivre d'amour, oh, viens

         avec moi dans la chambre de ma mère,

         prends-moi à ton seul désir.

 

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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 16:23

Olav H. Hauge

 

         Régis Boyer nous dit ceci du "secret" d'Olav H. Hauge, ce très grand poète, trop discret et qui ne fut connu dans son pays que grâce à un autre norvégien, Jan Erik Vold, né près de trente années après lui : « Cet être à part qui n’a jamais voulu être rien d’autre que lui-même, sans savoir au juste ce qu’il entendait par là, ne dit rien : il psalmodie tout doucement, sans brutalité, un peu à la façon de ses grands et lointains ancêtres, les scaldes, qui savaient si bien organiser leur discours en plans interférents de sorte que les auditeurs soient en mesure de reconstituer le chant et le déchant, comme on aurait dit à leur époque (Moyen Âge) – ou à la manière de ces folkeviser ou ballades, également médiévales qui associaient un meneur et un choeur en alternance, le « récit » étant le fait du choeur dansant et le sens profond, celui du meneur. Oui, c’est cela, la voix d’Olav H. Hauge est double. Lisez bien : il écrit sur palimpseste et si vous parvenez à oblitérer le discours apparent, vous découvrirez une voix amie, intime, réellement « poétique » car elle crée. Ou recrée. »


 

 

 

 

 

 

 

         « Aujourd’hui et demain

 

         Je ne suis qu’une étincelle

du grand feu. Et de même que je fus

allumé dans les ténèbres

je m’éteindrai un soir.

 

         Je suis le murmure de la vague

à cet instant, tandis que

d’autres naissent, s’emplissent,

et que leurs aînées dorment.

 

         Je suis la feuille

qui tremble dans ce printemps.

Une autre année,

tu vacilleras dans la tempête.

 

         Je suis celui qui veille, celui

         qui possède, l’oeil qui voit,

la goutte où se mire à présent

l’état du ciel.

 

         Je vis, je brûle,

         je ne sais pourquoi –

         Empli de fleurs, de femmes,

         le monde m’appartient aujourd’hui.

 

         Tu possèderas toute la beauté

sur cette terre quand je l’aurai quittée

depuis longtemps et que les traces

de mes pas auront disparu. »

 

         ISBN 978-2-84672-110-3. Prix 14 Euros

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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 16:19

Tarjei Vesaas

 

         Tarjei Vesaas (1897-1970) est l’un des grands auteurs norvégiens du siècle dernier. Il est en France davantage connu pour ses romans et ses nouvelles que pour sa poésie qui reste inédite à part quelques poèmes traduits par Régis Boyer qui préface cet ouvrage. Nous devons une fois de plus au grand talent d’Eva Saugegrain et de Pierre Grouix, à leur profond amour de la poésie, cette précieuse traduction du néo-norvégien.




 

 

 

Être dans ce qui s’en va de Tarjei Vesaas, bilingue, préface de Régis Boyer, postface d’Antoine Godbert, traduit du néo-norvégien par Eva Sauvegrain et Pierre Grouix, Editions Rafael de Surtis et Editinter.

 

« Les dernières choses que nous voyons tenir

 

                        Au cœur du plus profond

                   bat le réel de passage.

                   Les vérités sont vraies

                   jusqu’à ce soir.

 

                   En danger quand la pensée

                   jette du feu,

                   les vérités se défont

la nuit suivante.

 

Les matins luisent

tels de hauts et sûrs nuages.

Plongé dans le silence

habite notre désir.

 

Réels sont pour cela

les rêves et le désir.

Ils seront aussi les dernières choses

que nous voyons tenir. »

 

 

         Un extrait du poème Vis, notre rêve :

 

                   « La mort avant que nous mourrions

est tapie dans cette nuit,

dans toutes les nuits.

                   Elle vit sans cesse

en face et nous fixe

tel l’obscur mystérieux

venu du puits sec

où il n’est plus de rêve.

                   Froide, nous attirant à elle,

elle reste ouverte – et pour nous.

                   C’est tout ce que nous savons,

                   là où il n’y a plus de rêve. »

 

         Chez Tarjei Vesaas, la poésie ne se situe pas à la périphérie de l’œuvre, mais en constitue le cœur, en véhicule l’essence. Il chante le silence pour mieux invoquer le feu, laisser se consumer les temps et les mondes afin de mieux se dénuder face à soi-même.

 

         ISBN 2-84672-072-X (Rafael de Surtis) et ISBN 2-915228-96-5. Prix 17 Euros

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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 16:17

Tor Jonsson


        
Le néo-norvégien est non seulement, selon Régis Boyer, « d’une rare musicalité » mais se prête « admirablement à la suggestion de sentiments ou de secrets de l’inconscient qui jamais, pour un bon Norvégien, ne parviendront à se dire ».

         Tor Jonsson a choisi de s’exprimer dans une langue qui traduit la distance intérieure mais qui est aussi peuplée de forces magiques et de complicités avec le petit peuple. C’est une langue de poète pour les poètes, autrement dit, pour les esprits vivants. Si amour et mort s’unissent intimement dans la poésie de Tor Jonsson, c’est parce que la limite n’est pas nette entre rêve et réalité.



 

 

 

         Pour me consoler de la mort, j’ai le rêve de Tor Jonson, édition bilingue, publié aux Editions Rafael de Surtis, traduit du néo-norvégien par Pierre Grouix et préfacé par Régis Boyer est un petit recueil anthologique surprenant par le double sentiment de distance froide et de chaude intimité, de déception et de réalisation intérieure.

 

         « Mon cœur possède une autre patrie

         que celle que tu cultives de ta main dure.

         Mon cœur possède une autre terre

         que celle où poussent tes champs et ta solitude.

         Ton pays a un temple où, fatigué, on peut prier

         mais nul salut, nulle paix du cœur.

         Ton pays offre le repos à ton pied, à ta main

mais aucune liberté à un homme sans paix.

 

Je m’arrête parfois près d’une porte et je prie

mais tu m’offres tes sarcasmes quand je demande la paix.

sur le sable gris de tous les chemins :

là est ma liberté et ma patrie.

 

Je rencontre beaucoup de monde, de bonnes gens

mais l’âme sans lieu n’a aucun ami.

Qui pense à un être sans lieu

quand le feuillage meurt et tombe de la branche du bouleau ?

 

Mais quelqu’un veut du bien au voyageur solitaire :

un arbre lui donne un abri et le chant de l’oiseau une âme.

Un autre monde brille dans le cœur,

dans l’éclat de ce que j’ai jadis chéri. »

 


        
ISBN 2-84672-053-3 (Rafael de Surtis) et ISBN 2-915228-76-0. Prix 15 Euros

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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 16:17

Knut Hamsun

 

         Dans nos représentations, l’œuvre de Knut Hamsun commence avec Faim et se poursuit avec une série de chefs d’œuvre. Pourtant Knut Hamsun à « écrit avant d’écrire ». Lorsque Faim l’a fait connaître, non sans bruit et scandale, il avait déjà écrit quelques textes, poèmes, récits, essais, oubliés des éditeurs, parfois reniés par lui-même, dans lesquels pointait déjà ce qui fera sa pensée et son art.

         L’homme secret de Knut Hamsun, publié par les Editions Rafael de Surtis et Editinter traduit par Pierre Grouix et préfacé par Régis Boyer est donc une œuvre de jeunesse, assez autobiographique. Knut Hamsun avait dix-huit ans quand il l’a écrit en 1877.






        

Au lecteur de traquer dans ces pages ce qui fera la force de l’œuvre d’un des romanciers majeurs du siècle dernier, comme si ce livre était un élément préconscient d’une pensée qui ne demandait qu’à jaillir mais n’avait pas encore trouvé les formes qui convenaient à son feu.

 

 

         « Voyons-le, alors, dit Pierre Grouix, comme un petit ruisseau (Aa) à travers la prairie (eng) de l’œuvre. »

 

         ISBN 2-84672-078-9. Prix 12,50 Euros

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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 16:16

Knut Odegard

 

         Tout comme son compatriote Tarjei Vesaas, Knut Odegard, né en 1945, a choisi de s’exprimer en néo-norvégien (nynorsk), une langue plus qu’humaine tant elle est tout à la fois proche de la réalité humaine et capable de la transcender.

         Ce grand poète n’oeuvre pas seulement à partir du sens mais aussi à partir du son comme matière sur laquelle il peut opérer son alchimie. Il est bien un « faiseur ».




 

 

 

         Une seule lanterne rouge / Pâle / Et au loin publié aux Editions Rafael de Surtis est un beau recueil pour laisser les poèmes de Knut Odegard entrer en nous et se laisser porter par l’étrangeté enivrante cette langue. Ils sont ici livrés en édition bilingue, traduit du néo-norvégien par Grete Kleppen et Pierre Grouix, préfacés par Régis Boyer.

 

         « Maisons abandonnées au bord de la mer

 

         Des fenêtres aux yeux brisés.

         Ecarquillés. Un vent.

 

         à visage blanc qui traverse en filant pièce après pièce

         dans la maison abandonnée, grince

         dans les escaliers, touche de sa main figée

         le miroir vide

        

         De grandes maisons immobiles au bord de la mer.

         Elles éclairent dans le noir

         Comme les morts éclairent à travers nos visages

 

dans le sommeil,          Quelqu’un tatônne

à travers des rêves troublés, rôde

à travers obscures de maisons abandonnées

au bord de la mer. »

 

         ISBN 2-84672-070-3. Prix 13 Euros

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